Quinze ans après l’horrible découverte de la solution finale et des camps de concentration nazis, Stanley Milgram a mis au point une méthode pour étudier le phénomène de la soumission à l'autorité. Il a mené, entre 1960 à 1963 (à l’université Yale, New Haven, NY), une expérience ayant pour but de déterminer les limites de la soumission à l'autorité et de la responsabilité de l'individu. Il cherchait à comprendre les mécanismes psychologiques qui font taire le libre arbitre lorsqu’un sujet est soumis à un ordre venu d'une autorité hiérarchique.

The Milgram Experiment (part 1 of 2)





The Milgram Experiment (part 2 of 2)

Quelques explications:


Les candidats sont recrutés par par petites annonces dans le journal local, le rendez-vous pour l'expérience se déroule dans un centre universitaire de psychologie pour prendre part à une expérience concernant l’apprentissage. Dès leur arrivée les candidats sont rémunérés . L’expérimentateur explique que l’un des candidats sera l’enseignant et l’autre élève dans une recherche consacrée aux effets des punitions sur l’apprentissage de paires de mots. La punition sera un choc électrique.

L’expérimentateur tire au sort qui sera enseignant qui sera l'’élève[1] qui dès lors est ligoté sur une chaise et des électrodes lui sont attachées au poignet. L’expérimentateur explique à tous les deux que l’enseignant devra lire le premier terme d’une série de paires de mots et que l’élève devra essayer de donner le second terme correctement. Chaque fois que l’élève commettra une erreur, l’enseignant devra lui donner une punition, c’est-à-dire un choc électrique.

L'enseignant s'installe dès lors devant un générateur de chocs électriques qui comprend une rangée de trente boutons allant de 15 à 450 volts ; alors que les deux derniers boutons ont comme étiquette «XX », les quatre précédents sont renseignés: «danger, chocs sévères ». Les instructions sont de commencer au niveau le plus bas pour la première erreur et d’accroitre l’intensité des chocs d’un bouton, c’est-à-dire de 15 volts, à chaque erreur. L’élève commet tellement d’erreurs que, l'enseignant est volontairement obligé d'accroitre l'intensité électrique.

À la de chaque expérience, un questionnaire et un entretien avec le sujet enseignant permettait de recueillir ses impressions sur son comportement. Cet entretien visait aussi à le réconforter en lui affirmant qu'aucune décharge électrique n'avait été appliquée à l'élève. [2]

Dans " I comme Icare" , ( film basé sur l'enquête du meurtre de Kennedy ), on retrouve l'expérience de Milgram avec une pseudo séance de "torture" à l'électricité impressionnante et surtout édifiante par sa terrible conclusion, quand le Professeur dit à Yves Montand " Monsieur le Procureur, vous n'avez réagi qu'à 185 volts".

Notes

[1] l'élève est en fait un faux candidats, complice de l'expérimentateur qui fera semblant d'être la victime de l'enseignant

[2] experience de milgram sur Wikipedia