Le billet de l'expansion sur le bon et le mauvais Management s'appuyait notamment sur l'ouvrage de Robert Sutton, professeur à l'université de Stanford, le spécialiste mondial des petits chefs dont-il également consacré un ouvrage très documenté, The No Asshole Rule [1]

Quelques extraits:

Les chefs charismatiques sont souvent caractériels

Le problème des « sales c… », c'est que leurs pratiques inadmissibles ont un effet négatif sur les résultats de l'entreprise et constituent un désavantage compétitif. Sutton tente de le formaliser sous forme d'un outil de mesure, le TCJ (total cost of jerks), composé de 24 indicateurs, allant de l'absentéisme au temps perdu en querelles, en passant par le coût de remplacement des gens compétents qui fuient un climat de travail délétère. La tolérance zéro ne relève pas seulement de l'éthique, mais aussi du calcul économique.


j'aime bien cette liberté de ton, et ça continu...

Mais les « enfoirés » ne sont pas seulement ceux qui profitent de leur position hiérarchique pour harceler leurs subordonnés. Bernard Salengro, responsable des problèmes de santé au travail à la CGC, a rassemblé dans Le Management par la manipulation mentale (L'Harmattan) les résultats d'une série d'enquêtes sur les diverses formes de harcèlement au travail en France. Celui-ci émanerait à 37 % des supérieurs hiérarchiques, mais à 44 % des collègues des victimes. Le harcèlement « horizontal » serait donc la forme prédominante. Qui ne peut se développer sans une acceptation tacite de l'organisation. Sutton et Salengro font le même constat : les « salopards » sont souvent considérés comme des éléments performants. Peu importent les moyens utilisés pourvu qu'ils donnent, du moins à court terme, les résultats attendus. Le droit au harcèlement apparaît alors comme une « rémunération occulte ». L'entreprise ferme les yeux sur les « dommages collatéraux ». Ce calcul cynique explique probablement la désaffection d'une partie des salariés vis-à-vis de l'entreprise. Il serait temps d'y remédier sans attendre et sans ménagements.



Une belle vision du monde de l'entreprise, qui hélas, s'avère pire dans bien des réalités vécues quotidiennement dans des boites qui à force de faire pression mettent à bout leurs salariés, les menants parfois à la dépression ou au suicide.

Via: l'expansion.com

Notes

[1] traduit en français sous le titre Objectif Zéro-sale-con (Vuibert).